Dernier voyage à Buenos-Aires

Dernier voyage à Buenos-Aires, de Louis-Bernard Robitaille

Prétexte que ce voyage à Buenos-Aires qui terminera plus ou moins en apothéose la vie terne de Jefferson Woodbridge à l’âge d’environ 65 ans. À la veille de son départ, pourquoi cet Américain à Paris se remémore-t-il sa liaison avec Magda, la fiancée de ses 19 ans ? Il ne le sait pas lui-même. Avec lucidité, il trace son portrait d’écrivain raté qui traverse la vie et ses amours dans la plus totale indifférence. On pourrait le qualifier de pleutre, de veule, de goujat, de rustre, mais il est pire que ça, ce petit bourgeois bien élevé, poli, médiocre, sans émotion. C’est un tour de force de Robitaille que d’avoir écrit un roman réussi avec un personnage-clé aussi peu sympathique. L’autre personnage-clé est Magda, blonde beauté née outre-Rhin, faussement désinvolte et à l’allure princière, héritière à son insu du passé glauque de ses parents dans l’Allemagne nazie et en guerre. En dire plus serait lui enlever son mystère et sa grâce. Dernier personnage et non le moindre : le Paris, surtout le Quartier latin des années 60, que l’on devine fréquenté par Robitaille autant que par son personnage de Woodbridge. C’est le quartier mythique de la jeunesse de l’auteure de ces lignes, où elle retourne sans cesse retrouver ses marques même si les bistrots ont parfois changé de nom!

Nicole Balvay-Haillot
30 mai 2013

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