Dumézil ou comment j’ai appris à lire – et à apprécier – l’anglais

Comme beaucoup de petits Français, j’ai appris l’anglais de la sixième au baccalauréat, mais j’ai toujours eu du mal à le lire et surtout à le prononcer. J’aime la science-fiction, dont les auteurs de langue anglaise sont parmi les plus intéressants et les plus prolifiques. Jusqu’à ce que j’émigre au Canada, je ne pouvais lire les auteurs anglophones qu’en traduction, ce qui entraînait bien des frustrations. Je me suis demandé comment arriver à pallier ce manque d’aptitude.
Je me suis souvenu d’une interview de l’éminent linguiste Georges Dumézil par Bernard Pivot dans l’émission Apostrophe. À Bernard Pivot qui lui demandait comment l’on faisait pour apprendre le vieux norrois – le vieil islandais – Dumézil répondait malicieusement ceci: «On se procure un texte en vieux norrois, un dictionnaire norrois-français et une grammaire. Au bout d’une centaine de pages on connaît la langue.» J’ajouterais, quand on est Dumézil.
Bien des années après j’ai décidé d’appliquer cette méthode à l’apprentissage de la lecture en anglais. Je l’appelle désormais la «méthode Dumézil».
J’ai donc acheté un livre de quelque 600 pages, The Final Encyclopedia, de Gordon R. Dickson et je me suis contraint à chercher dans le dictionnaire tous les mots que je ne comprenais pas. Au début les pages étaient noires de notes, et à la fin les pages étaient plus dépouillées, et je n’avais presque plus besoin de dictionnaire.
Merci Georges Dumézil, merci Bernard Pivot.

Joseph Aussedat
8 mars 2015

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