Les Tétins de sainte Agathe

Giuseppina Torregrossa
Éditions Jean-Claude Lattès 2011
(disponible en livre de poche)

Une autre histoire d’amour entre une grand-mère et sa petite-fille unies par le même prénom, celui de la sainte, mais aussi une fresque mettant en scène quatre générations de femmes sur toile de fond sicilienne.

Vues et racontées par Agatina, du haut de son enfance jusqu’à l’âge adulte, ces femmes ont en commun un bien précieux : des seins, joliment appelés tétins, comme ces gâteaux fabriqués le 5 février, jour de la Sainte-Agathe, « qui se transforment comme par magie en seins malicieux, bien ronds et blancs, quand on y dépose une cerise confite. »

Savoureux, non?

De ses seins dépend pourtant le sort d’une femme. Si ils brillent par leur absence, quel malheur!, leur propriétaire sera déficiente aux yeux de son homme. Dans le cas contraire, elle fera son bonheur, sauf dans un cas précis : « Les tétins de ma grand-mère dont personne, pas même son mari, n’avait soupçonné la beauté, restèrent en bonne santé toute sa vie grâce à sainte Agathe. »

Trop souvent hélas, les seins blancs et ronds seront des seins de discorde, rappelle grand-maman Agata : «… si tu ne ressens pas de plaisir quand ils te touchent, les hommes se sentent atteints dans leur virilité, mais gare à toi si tu y prends plaisir, parce que là ils te prennent pour une putain. »

La jeune Agatina a retenu qu’il faut impérativement respecter le rituel des fameux gâteaux pour s’attirer la bienveillance de la sainte et la bonne santé de ses seins. Pour cela, les tétins doivent être réussis et aller par paires, car quand ils vont bien, les tétons vont bien, mais quand ils sont ratés ou que légende et recette ont été oubliées, les tétons sont en danger.

Et que pensez-vous qu’il arrive? Libérée du mariage d’amour pur mais condamné, du mariage boiteux assorti de trahisons et de coups, la femme autonome, moderne, qu’est Agatina est-elle libre pour autant? Pas quand passion et érotisme guident sa conduite amoureuse et qu’en plus, elle rate ses tétins.

Tourner le dos à la Sicile, à Palerme, à ses amours est sans doute la solution. Pourtant il y aura passation de la mémoire. Le roman se termine donc comme il a commencé : un enfant est dépositaire de la légende de sainte Agathe et de la recette.

Ces tétins de sainte Agathe… savoureux jusqu’à la dernière miette!

Nicole Balvay-Haillot
15 avril 2015

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s