Marie Curie prend un amant

D’Irène Frain, éditions du Seuil, 2015

«Premier principe: ne jamais se laisser battre ni par les personnes, ni par les événements.» Cette phrase de Marie Curie, mise en exergue du livre d’Irène Frain, témoigne de la personnalité de cette femme de science exceptionnelle. Nous pensions tout connaître d’elle. Faux ! Jamais n’avait été évoqué cet épisode de sa vie amoureuse, que la romancière apprend, par hasard, en feuilletant chez un bouquiniste un livret bleu, ancien, regroupant les deux numéros d’un torchon qui visait à détruire la réputation de Marie Curie. C’était pour l’écrivaine le début d’une enquête où l’imagination supplée parfois au manque de notes biographiques et de preuves.

Partir d’un libelle pour dégager la vérité sur la vie de qui que ce soit paraît difficile, sinon impossible. Surtout s’il manque des témoignages: journal intime, lettres à l’amant ou de l’amant, lettre d’amis. Or, à la demande même de la principale intéressée, tout a été détruit. Ce qu’il reste, mince fil conducteur, est son carnet de dépenses. Marie Curie, immigrante arrivée sans le sou de sa Pologne natale pour étudier à la Sorbonne, tiendra scrupuleusement ses comptes durant toute sa vie. Bien maigres dépenses, et surtout pas en frivolités. D’ailleurs, les photos d’elle la révèlent peu coquette, sauf pendant cet épisode où elle achète jolies robes et dentelles, loue un appartement pour abriter ses amours clandestines. Une preuve enfin !

Pas n’importe qui, cet amant ! Paul Langevin est un ancien étudiant de Pierre Curie lui-même et le futur détenteur d’un prix Nobel. Sincèrement épris l’un de l’autre, Paul et Marie sont aussi unis par l’amour de la recherche scientifique comme par leur amour pour Pierre, mort tragiquement quelques années auparavant. Mais voilà, Paul est marié, mal marié. Leur liaison, qu’ils espèrent voir déboucher sur une vie commune, doit rester secrète et le restera jusqu’à ce qu’une personne mal intentionnée la révèle, pas pour détruire Paul, mais Marie.

Pourquoi tant d’acharnement pour la salir? Xénophobie, misogynie, les deux mamelles de la haine… L’affaire Dreyfus, du nom de ce capitaine français de religion israélite accusé d’espionnage, condamné, déporté et finalement acquitté a divisé la France, partagée entre dreyfusards et antidreyfusards, de 1894 à 1906. Elle sert de toile de fond à la méfiance, puis à la hargne qui s’abattirent sur Marie Curie. En 1908, lorsqu’elle reçoit le prix Nobel de physique avec son mari pour leur découverte du polonium et du radium, femmes et hommes du bon peuple s’interrogent: Marie ne peut être que l’assistante de son mari. Comment une femme pourrait-elle être une scientifique ? Pourtant, en 1911, elle reçoit son deuxième prix Nobel, cette fois pour ses propres travaux en chimie. Einstein, qu’elle rencontre cette année-là, ne cache pas son admiration pour la femme de science. L’amoureuse se remettra toutefois mal du scandale de sa liaison révélée même si le procès pour adultère n’aura pas lieu: les amants renoncent à leur rêve de vivre ensemble.

Irène Frain a écrit là un livre fascinant, troublant aussi par son actualité. La xénophobie, la misogynie et la hargne sont-elles en effet choses du passé ?

Nicole Balvay-Haillot, mai 2016

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The Looming Tower Al-Qaeda and the road to 9/11

De Lawrence Wright

Ce livre retrace les jalons qui ont mené à la destruction des deux tours du World Trade Center à Manhattan le 11 septembre 2001, et remonte aux racines de la construction d’Al-Qaeda. Il raconte la traque des hommes, d’un côté les djihadistes, de l’autre les agents du FBI et de la CIA, échelonnée sur des années et plusieurs continents. Il permet de comprendre les raisons et la motivation qui ont mené un Égyptien émigré aux États-Unis, Sayyid Qutb, à devenir un théoricien du djihad et des Frères Musulmans.
En novembre 1948, sur le navire de croisière qui le mène d’Alexandrie à New York, Qutb est confronté à une crise de foi, rencontrant une nouvelle civilisation matérialiste et moderne, riche d’espoirs et une crise personnelle – que vais-je faire de ma vie. Cette confrontation entre les tentations du monde et ses croyances islamiques se résoudra par cette résolution : «J’ai décidé d’être un vrai Musulman!».

Dans cette Amérique où se développait la peur du communisme, Qutb pensait que la lutte réelle n’était pas une bataille entre le capitalisme et le communisme, mais entre l’Islam et le matérialisme, et qu’inévitablement l’Islam prévaudrait. Qutb publie un livre en arabe, Social Justice in Islam, qui va établir sa réputation comme penseur de l’Islam. Il va décider de rejoindre les Frères Musulmans, organisation fondée en 1928 pour faire de l’Égypte un État islamique. Qutb vécut quelques temps à Greeley au Colorado, et devint encore plus radicalisé par cette expérience. Pour lui, autre chose que la charia imposée au monde entier, ce n’est pas l’Islam, mais la jahiliyya, le monde païen d’avant la délivrance du message au prophète Mahomet.

De retour au Caire en 1950, Qutb participa deux ans plus tard, au coup d’État de Nasser, en fournissant un lieu de coordination avec les Frères Musulmans. Qutb participa à la tentative d’assassinat de Nasser en 1954, fut jeté en prison, torturé et finalement pendu en 1966. Dans sa prison, Qutb a redonné vie au concept de takfir, l’excommunication de la communauté islamique, en l’appliquant à ses geôliers, qui servaient Nasser et son État séculier, concept largement utilisé au cours de l’histoire pour justifier des bains de sang.

Le récit couvre la naissance d’al-Qaeda jusqu’à son «apothéose» du 11 septembre 2001, suivant deux groupes en interaction l’un avec l’autre, principalement celui regroupé autour de Daniel Coleman et John O’Neill et des agents du FBI et de la CIA, et l’autre al-Qaeda, rassemblé autour d’Osama Ben Laden et Ayman al-Zawahiri. Il livre de nombreuses informations sur les divers protagonistes, en particulier l’origine de la fortune familiale de Ben Laden, son premier rôle de financier du djihad, ses exils dans différents pays au gré des conflits avec les autorités et son implication dans de nombreux et spectaculaires attentats, comme à Nairobi et Dar es Salam, et l’attaque contre le destroyer Cole. Il explique l’origine de la légende du groupe en Afghanistan et l’auréole que les djihadistes ont gagnée à cette occasion.

Cette vision de l’intérieur d’une organisation terroriste permet certes de mieux comprendre ses motivations, mais aussi l’idéologie wahhabite qui en est à la source, ainsi que la nature des tueurs, des gens relativement éduqués et pas spécialement pauvres.

Connais ton ennemi, disait Sun Tsu.

En français le livre porte le titre : La guerre cachée : Al-Qaïda et les origines du terrorisme islamiste, Robert Laffont, 2007, 440 p.

Joseph Aussedat
9 janvier 2016

Soumission … en catimini

De Michel Houellebecq

Un petit mot. Quand Lorraine Dubois, la propriétaire de la librairie Michabou m’a demandé de créer un blogue pour la librairie, en me donnant carte blanche pour cela, je ne savais pas que cette aventure allait durer quelques années. J’ai intitulé ce blogue «Le goût des livres», car pour moi c’est à travers ces derniers que j’ai découvert le monde et l’écriture de ceux qui l’habitent. Nicole Balvay-Hailot a rejoint le blogue et en est la plus importante contributrice, et j’en profite pour la remercier.
En fait l’actualité se charge de nous rappeler que de nombreux livres nous permettent de mieux comprendre les drames comme les massacres, la guerre, le terrorisme, en nous fournissant des lectures de l’avenir et du passé qui élargissent cette compréhension.

Soumission, de Michel Houellebecq, nous raconte l’histoire d’un professeur d’université dans un futur assez proche. Ce professeur s’est créé une petite niche bien confortable de spécialiste de Joris-Karl Huysmans, fonctionnaire, romancier et critique d’art, converti au catholicisme au XIXe siècle. Petite vie tranquille, petit travail sans mérite ni inconvénients, vie amoureuse sans sursauts avec des maîtresses éphémères. Pendant ce temps, la France et l’Europe se déglinguent, les pressions sociales font que les partis islamistes s’incrustent et finissent par prendre le pouvoir – légalement – tout comme Hitler en 1933.

Et la présidence nouvelle, celle de Ben Abbes, marque l’irruption de la politique dans la quiétude du héros. La Sorbonne et les universités sont financées par les pétromonarchies et imposent la charia; les professeurs doivent être musulmans. Notre professeur, athée sans conviction, se voit offrir de prendre sa retraite, fort généreuse. Mais après quelque temps de réflexion en vacances et dans un monastère, il se trouve confronté à une autre option : Rediger, enseignant et nouveau converti, secrétaire d’état aux Universités, joue au Chaïtan tentateur et lui offre un retour à l’université, généreusement rémunéré. L’échange entre les deux hommes, entre discussion philosophique, dégustation de délices moyen-orientaux, de vin de figue et de Meursault, considérations sur la polygamie et autres avantages, va enclencher un processus de soumission … en catimini, dans lequel le professeur se convertira à l’islam.
À lire pour sa vision prophétique et catastrophique.

Joseph Aussedat
4 décembre 2015

L’année la plus longue

Daniel Grenier, Le quartanier, 2015

Je me suis d’abord sentie un peu perdue dans ce roman touffu, entre les allers retours d’un siècle à l’autre et d’un bout à l’autre des Appalaches, le plus souvent en compagnie d’Aimé, l’homme qui ne vieillit pas ou peu.

Aimé est né durant l’hiver 1760 d’une mère qui meurt en accouchant dans la rue, en allant retrouver un de ces soldats britanniques en tunique rouge qui patrouillent la ville de Québec (page d’histoire en passant). En 1838, il est sur la route de déportation des Indiens des États-Unis (autre page d’histoire). Sans faire preuve du courage qu’il prétend être le sien, il vient de quitter, sans le vouloir il est vrai, Jeanne, son amoureuse enceinte d’un fils qu’il ne connaîtra jamais. «Que vouliez-vous qu’il fît contre trois?» demande un personnage cornélien au vieil Horace: «Qu’il mourût», répond ce dernier. En effet, Aimé meurt, mais beaucoup plus tard. En 1994. Le hasard, manipulé par Daniel Grenier, le fait disparaître dans l’écrasement d’un avion au-dessus de l’Atlantique. Assise à côté de lui, nulle autre que Laura, la mère de l’arrière-arrière-petit fils qu’il n’a pas rencontré par sa faute, mais qui a comme lui la particularité d’être né un 29 février si bien que «trois années sur quatre, Thomas Langlois n’existait pas.» Si Aimé a vu trois fois la comète Halley, Thomas aura peut-être la même chance puisqu’il a très scientifiquement découvert le secret d’une éternelle jeunesse.

Fantastique, oui, et habilement construit. Le caillou dans la botte d’Aimé, qui gêne sa marche sur la piste des Appalaches en 1838, se répercute en 2000 boulevard Saint-Laurent, à Montréal: «Une petite roche dans sa botte gauche l’agaçait, mais il ne s’est pas arrêté pour l’enlever.» Une bagarre vient d’éclater entre deux hommes, réplique de celle de 1838 entre un guerrier cherokee et un jeune Choctaw.

Et réaliste: les personnages ont les réactions normales d’êtres humains: «Aimé a su que Jeanne le regardait enfin… il a senti son regard, sur son cuir chevelu, sur ses joues rougissantes…» À l’aéroport, l’attente est celle de n’importe quel voyageur attentif à ce qui se déroule autour de lui: «Il y avait des centaines de personnes qui bougeaient autour d’Aimé, qui s’en allaient rapidement dans d’autres terminaux, ou qui sortaient pour trouver des taxis… Chaque fois que la file avançait d’un centimètre ou deux, Aimé prenait sa valise et la déplaçait, la remettait par terre, presque entre ses jambes, bien protégée entre ses genoux…» Et quand Laura s’exclame: «God I hate planes.» et qu’Aimé lui tient la main, c’en est touchant de justesse. Juste avant le crash!
Touffu, ambitieux, ce roman d’un Québécois qui nous entraîne loin dans le temps et l’espace!

Nicole Balvay-Haillot
14 novembre 2015

Les intéressants

Meg Wolitzer
Éditions rue Fromentin, Paris, 2015
Traduction de l’édition originale : The Interestings

Avant tout, une précision s’impose : je ne choisis pas les livres dont je fais la chronique. Un jour, Lorraine Dubois, propriétaire de la librairie Michabou et également mon amie, m’en a tendu un : «Tiens, lis ça, tu me diras ce que tu en penses. » C’est ainsi qu’a démarré une collaboration dont je me félicite, car je découvre ainsi des romans, et même une littérature, que je n’aurais pas eu l’idée de lire par moi-même. C’est le cas de ce roman américain … a priori pas ma tasse de thé, entre autres parce que toute édition franco-française envoient les écoliers américains au lycée. J’ai donc feuilleté le gros bouquin, certaine que j’allais le laisser choir, mais, ô surprise, en à peine huit jours, je l’avais dévoré et l’envie me prenait de cocher J’aime sur Facebook ! Ce qui serait très insuffisant ! Ce gros bouquin est-il aussi intéressant que son titre ? Oui.

L’histoire démarre en 1974 dans un camp d’été où l’on stimule la créativité de jeunes âgés de 15 ou 16 ans. Si je me fie à ce qui est annoncé en deuxième de couverture, c’est aussi l’âge de Meg Wolitzer à cette époque. Parlerait-elle de ce qu’elle aurait vécu? Peu importe. L’écrivaine nous donne un roman habilement construit, avec des allers retours qui soutiennent l’intérêt et laissent souvent planer un suspense.

Ces jeunes gens se trouvent donc intéressants, à l’exception de Julie, assommée par la mort récente de son père, mais admise dans ce groupe sélect. C’est à travers elle, devenue Jules sans changement de sexe, que l’on suivra au cours de quatre décennies des destins finalement ordinaires, à l’exception (encore une !) de celui d’Ethan, créateur génial et figure centrale du roman, puisqu’il se termine avec sa disparition.
Destitution de Nixon, guerre du Vietnam, sida, Reagan, chute des Tours servent de toile de fond aux mensonges et aux déchirures de chacun, ainsi qu’aux secrets de famille. Violence, trahison, abus, autisme sont au rendez-vous comme la loyauté, la confiance et l’amour. Reste que l’essentiel du message est l’empreinte indélébile laissée par l’enfance sur l’adulte intéressant ou pas qu’il est devenu. Un roman de la vie de gens ordinaires, quoi !

Nicole Balvay-Haillot
27 octobre 2015

Blanc dehors

Martine Delvaux, Héliotrope 2015

Roman ? Récit ? Pas encore des étiquettes ! Une quête. Pas celle du père, car ce n’est pas tant le père, qui manquait, que l’histoire inconnue de ce qu’il y a derrière. Pas non plus la quête de documents sur l’identité, le parcours de l’absent, mais une quête intérieure, l’écrivaine se refusant à courir archives ou témoignages : C’est la fin et le début de l’histoire. On me demande ce que ça me fait de ne pas savoir qui est mon père.

Est-ce si incroyable de ne jamais avoir rien su de ce père ? Silence de la mère, amnésique, des grands-parents, des sœurs de la Charité dont les archives manquent pour l’année de la naissance de l’écrivaine. Je ne devrais pas m’en étonner : mon roman Les Passeurs (un récit, selon les amateurs d’étiquette) est aussi une quête de ce qui manquait d’une histoire familiale jamais racontée. À la différence que mon père fut bien présent alors que celui de Blanc dehors reste absent jusque dans la mémoire de la jeune fille qui devint fille-mère. Quel mot horrible !

Cette histoire est celle de la sortie du silence et de la honte, un acte thérapeutique, la mise à nu d’une exilée de l’intérieur, du moins je l’espère, et peut-être un dernier appel au père ou à ses proches qui pourraient surgir et dire les raisons de sa désertion, mais surtout un acte d’écriture : Je n’écris pas sur ma mère amnésique, ni sur mon père disparu, ni sur leur histoire d’amour inconnue. J’écris pour remplir des trous, mettre des mots à la place des blancs. Mission magistralement accomplie !

Certains mots choquent : la future mère a failli se faire violer…, a réussi… à garder son ventre pour elle. D’autres émeuvent : Il y a une certaine dignité à être orphelin. Aucune à être bâtard. D’autres accrochent : je suis née quelque part entre Duplessis et Morgentaler. Petit rappel d’un Québec pas si éloigné où le carcan de l’église et de la morale exilait celles qui avaient eu le malheur d’aimer sans retour. Et sans pilule !

Nicole Balvay-Haillot
23 octobre 2015

Ce qu’il reste de moi

Monique Proulx, Éditions du Boréal, 2015

Est-ce réussi ? Est-ce raté ? Drôle de question à se poser à la lecture de ce que les Éditions du Boréal et l’écrivaine considèrent un roman. Et pourquoi vouloir mettre dans une case intitulée roman un texte écrit dans une langue admirable dont on a envie de lire toutes les pages ? Classer, étiqueter, pour qui ? Pour quoi ? Peut-être afin de comprendre pourquoi il est écrit, structuré surtout, comme ceci plutôt que comme cela.

Roman, je ne sais pas. Autofiction, sûrement pas. En dépit de ce que suggère le titre, Monique Proulx est loin de parler d’elle dans Ce qu’il reste de moi. Collection de nouvelles ? Peut-être, mais cela ne convient pas au scénario mettant en lumière les temps forts d’une année dans la vie de Thomas, l’un des nombreux personnages que le lecteur croise au fil de sa lecture. Tous ces personnages évoluent dans le même quartier de Montréal ou presque, se côtoient parfois dans une page ou deux et même dans un studio de télévision où tout le monde parle d’un sujet qui lui tient à cœur. C’est un peu ça, ce roman, des soliloques murmurés par des personnages d’origines, de religions, de cultures diverses. Des personnages décédés qui se manifestent aux vivants… Même si leurs rencontres sont brèves, ils sont unis par un point commun : la passion, la foi qui les animent. Et c’est bien ce qu’a voulu exprimer Monique Proulx : chacun à leur manière, ils incarnent l’idéal des fondateurs de Ville-Marie, autrement dit, Jeanne Mance et Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve.

Je regrette toutefois de ne pas aller plus loin dans leur intimité, d’abandonner par exemple Laila au seuil de sa vie amoureuse. Elle nous quitte pour de bon même si, quelques pages plus loin, son père, un soufi, raconte sa vie, ses difficultés d’adaptation pour lui, pour elle, dans un pays dont tout, et surtout le climat, lui est étranger. Mais Ce qu’il reste de moi, galerie de portraits et mosaïque de personnages colorés, n’est pas un roman sur l’immigration. Peut-être est-ce plutôt le roman de Montréal puisque même le verglas de janvier 1998 y est narré, de l’intérieur, comme si on y était encore !

Et si Montréal était en réalité le personnage central de ce roman ?

Nicole Balvay-Haillot
27 septembre 2015